MONUC
Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo

Fermeture de la MONUC

Le 1er juillet 2010, le Conseil de sécurité des Nations Unies a renommé la MONUC la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour refléter une nouvelle étape franchie par le pays.

Verbatim point de presse du mercredi 02 aout 2006

Mesdames et Messieurs, bonjour et merci pour votre fidélité à ce rendez-vous hebdomadaire de la revue de l'actualité de la MONUC. Bonjour également aux auditeurs de Radio Okapi et des radios partenaires qui relaient ce programme.
Bonjour aussi au Représentant Spécial Monsieur Swing et au commandant de la Force de la MONUC, le général Babacar Gaye ; tous deux ont accepté de vous rencontrer ce matin, pour répondre à vos questions.

Au cours des sept derniers jours, la situation est restée stable sur l'ensemble de la République Démocratique du Congo ; malgré la persistance de quelques poches d'insécurité à l'Est du pays. Mais fondamentalement, aucun événement majeur n'a remis en cause la sécurité du pays.

Bien au contraire, le nombre de miliciens qui continuent à déposer les armes ne cesse d'augmenter ; ce qui est une bonne chose pour le processus électoral ; lequel processus a connu dimanche dernier un tournant que l'on peut qualifier de décisif, avec la tenue effective des premières élections réellement libres, démocratiques et transparentes de l'histoire de la RD Congo en plus de quarante ans.

Mesdames et Messieurs, vous l'aurez compris, l'essentiel de ce point de presse portera sur les élections de dimanche dernier.

Le Secrétaire général des Nations Unies et la Mission des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUC) ont salué le bon déroulement et la tenue, dans le calme, de ces élections historiques.

Certes, quelques difficultés d'ordre logistique ainsi que des incidents isolés ont été déplorés, notamment dans les deux Provinces du Kasaï ou à Kinshasa ; mais, globalement, les résultats sont satisfaisants et sont parfois allés au-delà des attentes.

Le crédit de ce succès revient d'abord au peuple congolais qui a fait preuve d'une maturité et d'un sens civique exemplaires et à tous ceux qui, depuis des mois, travaillent à la réussite du processus électoral en RD Congo : la Commission Electorale Indépendante (CEI), la Police Nationale, les Forces Armées de la RDC (FARDC) - dont le travail à toutes trois a été remarquable, les medias, les ONG, la Communauté internationale et les Nations Unies.

La MONUC a déploré toutefois l'attitude de certains medias basés à Kinshasa qui se sont comportés de manière irresponsable. De même, la MONUC a condamné les intimidations et menaces exercées sur certains électeurs par des tenants du boycott des élections, ainsi que les tentatives d'intimidation commises par certains candidats ou militants de partis politiques.

La MONUC encourage tous les acteurs du processus électoral en RD Congo à continuer à faire preuve de la même sagesse et à poursuivre sur la même voie, pour le bon déroulement de la suite des opérations, notamment le dépouillement et l'acceptation des résultats, conformément au calendrier publié par la CEI.

Vous l'avez entendu, une des choses que les observateurs et les organisateurs de ces élections ont eu à apprécier au cours de ce scrutin, a été l'attitude exemplaire de la Police et des FARDC. La sécurité a été assurée, les électeurs ont pu voter sans difficultés sur l'ensemble du territoire, y compris dans les régions Est où certains redoutaient des troubles.

A ce stade, nous allons ouvrir le débat, pour vous permettre de vous adresser directement à Monsieur Swing et au Général Gaye. Mais j'imagine que le Représentant spécial a quelques remarques liminaires à faire :

Maintenant, passons à la première question :

Nous allons prendre deux dernières questions, et ainsi permettre au Représentant spécial et au Général Gaye de se libérer.

Nous allons permettre au Représentant spécial M. Swing et au Général Gaye de se retirer, tout en les remerciant de nous avoir fait l'honneur de répondre à vos questions.

Avec vous cette fois, Lieutenant-colonel Lescoffit, la suite de ce point de presse, avec une synthèse de l'actualité militaire :

La semaine écoulée ressemble au niveau sécuritaire à la semaine précédente. Dans l'ensemble de la zone de responsabilité, les troupes de la MONUC ont assuré l'escorte du matériel électoral. Les efforts quotidiens d'information sur le processus électoral par les patrouilles et les observateurs militaires ont continué.

En Ituri, les contacts entre le gouvernement et les milices sont arrivés à point nommé pour une organisation sereine des élections.

Il faut d'ailleurs noter que le processus de reddition des milices en Ituri est bien engagé, mais pas encore terminé. En effet, la CONADER doit maintenir sa capacité à conduire le processus de Désarmement et de Réintégration, tout comme le Gouvernement Congolais doit conserver sa capacité de mise en œuvre de l'intégration.
Dans la province Orientale, les entretiens entre la milice LRA et le gouvernement ougandais sont suivis avec beaucoup d'attention.

Dans les Kivu, on peut noter le début de l'arrivée au brassage de la 89eme brigade, ex-MLC.
Dimanche, dans l'ensemble du pays la journée a été marquée par une situation propice a des élections paisibles. Aucun événement n'a nécessité l'intervention des forces de la MONUC, ceci est autant dû au comportement des électeurs, qu'a celui des forces de sécurité congolaises qui ont entièrement rempli les tâches qui leur ont été confiées. Les FARDC, comme elles s'y étaient engagées, ont respecté les consignes données. Le CIAT dans son communiqué de presse en a pris bonne note. Ceci démontre un comportement démocratique, qu'il faut souligner et encourager.

A travers l'Est du pays, les troupes de la MONUC ont assuré de manière permanente la protection de bureaux de liaison et des installations électorales. Les casques bleus ont effectué de très nombreuses patrouilles à partir des MOB et des bases permanentes.
Par exemple au Nord Kivu, trente trois patrouilles ont été menées. Les hélicoptères ont effectué plusieurs sorties au cours de la journée. Aucun des incidents rapportés n'a nécessité l'intervention des 13 équipes de réaction rapide qui étaient en alerte dans la province.

L'amélioration de la situation sécuritaire a permis à des milliers de personnes déplacées de se rendre dans leur village afin de voter.

On peut déplorer certains incidents en Ituri, comme á la prison de Bunia où des prisonniers n'ont pas pu voter et où certaines des personnes déplacées n'ont pas voulu affronter les longs trajets à pied vers leur village. En province orientale, le plus grand incident sécuritaire a été un mouvement de foule dans une station électorale à Kisangani, promptement maîtrisée par la police d'intervention rapide. Des manifestations pacifiques de quelques centaines de personnes ont eu lieu à Lubumbashi, Kalémie et Kolwezi. Ces personnes réclamaient le droit de voter en dehors de leur lieu d'enregistrement.

Les élections se sont ainsi déroulées dans un climat de sécurité et de sérénité À travers le pays.

Merci Stéphane ; avec vous, Jean-Tobie, le reste de l'actualité de la semaine ecoulée :

Sur le plan des Droits de l'Homme, notez qu'en date du 30 juillet 2006, la Division des Droits de l'Homme (DDH) de la MONUC, avec l'appui du Réseau national des observateurs de l'Observatoire national des droits de l'Homme (ONDH) et des ONG des droits de l'homme, a effectué le monitoring à l'extérieur des bureaux de vote sur l'ensemble du territoire national. La DDH se dit satisfaite du jour du scrutin, et du fait que, à part quelques incidents isolés, les Congolais aient pu aller aux urnes dans un esprit de paix, de calme, de respect et de tolérance. La DDH applaudit également par ailleurs le travail effectué par la police nationale congolaise qui a su maîtriser certaines situations isolées, qui auraient pu entraver le libre exercice du vote de leurs concitoyens.

En revanche, la DDH ne peut que déplorer et condamner les violents dérapages qui ont suivi le meeting du 27 juillet 2006 d'un candidat présidentiel, provoquant la mort de deux soldats, trois officiers de police et d'au moins un civil. Environ 20 officiers de police ont été blessés. Au cours de ces mêmes incidents, la Haute Autorité des Médias (HAM) et l'ONDH ont été pillés par des manifestants, ainsi réduisant leurs capacités d'accomplir les importantes missions leur dévolues en tant qu'institutions de la transition.

Sur le plan social et humanitaire, la section des Affaires civiles de la MONUC se félicite des résultats de son action de plaidoyer auprès des autorités et des autres sections de la MONUC, notamment sa composante militaire, qui a permis à des dizaines de milliers de personnes déplacées de participer librement au scrutin de dimanche dernier. Ils sont notamment près de 50 000 à avoir bénéficié de cette action au Sud Kivu. En identifiant des zones prioritaires pour le déploiement de bases opérationnelles mobiles, comme à Shabunda, Kamituga, Minembwe, Bunyakiri, Mwenga, Kavumu, Kalehe ou encore Fizi, où la situation sécuritaire aurait pu constituer un obstacle à la participation des populations déplacées, la section des Affaires civiles a facilité l'accès de ces dernières à leurs centres de vote.

Au Nord Kivu, la section Affaires civiles a négocié avec les autorités militaires congolaises, en étroite collaboration avec les forces de la MONUC, le libre passage des déplacés depuis et vers l'Ituri, pour que le plus grand nombre puisse avoir accès aux urnes. Ils étaient près de 1 000 qui, après avoir fui les violences en Ituri pour le Nord Kivu, avaient exprimé le souhait d'y revenir le jour de l'élection pour exercer leur droit de vote ; 2 000 à être attendus en sens inverse. Une proportion relativement faible, en raison des difficultés matérielles pour se déplacer. Tous avaient fait part de leurs craintes quant au franchissement de la frontière entre les deux districts, où des abus commis par les FARDC sont régulièrement rapportés. La section des Affaires civiles a supervisé dimanche les mouvements à la frontière, où la plupart des témoignages recueillis lui ont fait part d'un niveau minimal d'extorsions.

Parce que le calendrier des crises humanitaires ne suit pas forcément celui des élections, la Section des Affaires civiles tient à attirer une nouvelle fois l'attention sur le sort des 45 000 déplacés actuellement regroupés à Geti (district d'Irumu, Ituri), qui doivent faire face ces jours-ci à de très graves difficultés d'approvisionnement en denrées alimentaires. Le PAM a procédé à la mi-juillet à des distributions auprès de 4 000 familles, soit environ 18 000 personnes. Les 6 000 familles restantes n'ont, quant à elles, rien reçu depuis plus d'un mois. Ces rations sont aujourd'hui épuisées et les stocks disponibles insuffisants à l'échelle du District. Il ne reste plus que 50 tonnes de vivres au PAM à Bunia, qui devraient être distribués à 10 000 personnes cette semaine : de quoi les nourrir pendant seulement 15 jours.

Selon OCHA, une dizaine de déplacés meurt chaque jour, en raison principalement de la malnutrition. Des ONG internationales ont mis en place des structures d'urgence, mais leurs moyens sont très limités par rapport aux besoins. Il devient urgent que des pays donateurs se manifestent, pour permettre au PAM de reprendre ses distributions. En attendant, OCHA et les partenaires humanitaires recherchent des solutions transitoires pour l'approvisionnement immédiat des déplacés de Gety.

A cause des mêmes difficultés matérielles, des centaines d'enfants malnutris sont en danger au Nord Katanga, où les centres de nutrition thérapeutique de Kongolo, Nyunzu et Manono connaissent ces derniers temps des problèmes d'approvisionnement. En attendant que le PAM soit en mesure d'acheminer prochainement 50 tonnes de nourriture depuis Lubumbashi, la section des Affaires civiles de Kalemie a organisé le 29 juillet dernier le transport de 200 kg de denrées vers Manono et Kongolo, qui devraient bientôt être suivis par une demi-tonne supplémentaire.

Nous allons maintenant passer aux questions, s'il y en a ; vous connaissez le principe : vous déclinez votre identité ainsi que le nom de l'organe pour lequel vous travaillez. Première question :

Avant de rendre l'antenne, sachez que du 6 au 20 août prochain, seront organisés à Kinshasa des « Jeux de la Paix ». Il s'agit d'une initiative du Comité International Olympique (CIO), avec l'appui de la MONUC et qui bénéficie de la collaboration de la Ville-Province de Kinshasa et de l'Institut des Hautes Etudes en Administration publique de Lausanne en Suisse. L'idée est d'organiser des manifestations sportives regroupant les 24 Communes de la Ville de Kinshasa, pour la promotion de la Paix en RD Congo. Les Organisateurs invitent la presse à une conférence de presse qui aura lieu ce mercredi à 13 heures, à la Salle Bleu du Stade des Martyrs à Kinshasa.

Sachez aussi que le public kinois et des environs est convié à la cérémonie d'ouverture de ces Jeux ce dimanche 6 août à la Commune de Kasa-Vubu, devant le Carrefour des Jeunes.

Voilà, Mesdames et Messieurs, merci et à la semaine prochaine.