MONUC
Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo

Fermeture de la MONUC

Le 1er juillet 2010, le Conseil de sécurité des Nations Unies a renommé la MONUC la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) pour refléter une nouvelle étape franchie par le pays.

Verbatim point de presse-31 mai 2006

La situation est restée calme sur l'ensemble du territoire ; des opérations militaires ont été lancées et sont toujours en cours à travers le pays ; mais dans l'ensemble, aucun événement majeur n'a remis en cause la sécurité du pays au cours de la semaine écoulée.
Bonjour à tous et à toutes; bonjour également aux auditeurs de Radio Okapi, et bienvenue à ce nouveau point de presse de la MONUC.

Une semaine qui a été marquée par:
* le lancement de l'opération «Ituri Elément III»
* la mort d'un casque bleu népalais dimanche dernier en Ituri
* une augmentation assez inquiétante des menaces et intimidations contre les journalistes.

Jean-Tobie, les premiers développements de cette actualité.

Oui Kemal, c'était dimanche dernier. Lors d'un accrochage survenu dans la région de Tsupu (district de l'Ituri), à environ 100 km de Bunia, un casque bleu népalais a été tué. Les Casques bleus de la MONUC prêtaient main-forte aux Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans une attaque menée contre des éléments armés qui appartiendraient à la milice du Front des Nationalistes et Intégrationnistes du chef de guerre iturien Peter Karim qui sévit dans cette partie du pays. Vous aurez tout a l'heure d'autres détails par le porte-parole militaire; mais ce que l'on peut dire, c'est que trois soldats népalais ont été blessés durant cet incident ; leurs jours ne sont pas en danger. Sept autres ont été capturés par le groupe des rebelles.

Il est regrettable que cet incident fatal ait eu lieu la veille de la Journée internationale des Casque bleus, Journée dédiée à toutes les femmes et tous les hommes qui ont dédié leur vie aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies. Cette perte porte à 74 le nombre de Casques bleus de la MONUC morts en service depuis le début de la Mission des Nations Unies en RD Congo, dont 12 depuis le début de cette année.

* Le lundi 29 mai a été célébrée la Journée Internationale des Casques bleus des Nations Unies. Diverses manifestations ont été organisées à travers le pays; notamment des sessions d'information publique à l'intention des élèves et étudiants, des activités sportives, des exposés et autres manifestations culturelles.

Au-delà des manifestations, et c'est l'essentiel du message du Secrétaire général des Nations Unies, c'est que la paix ne signifie plus seulement l'absence de guerre; les missions de maintien de la paix sont de plus en plus complexes et pluridimensionnelles; il ne s'agit plus uniquement de surveiller un cessez-le-feu, mais aussi de relever des Etats qui se sont effondrés, à cause de longues années de conflits. Casques bleus et civils s'attachent aujourd'hui, ensemble, à aider à organiser des élections, à faire reformer la police et la justice, à promouvoir et à défendre les droits de l'Homme, à faire progresser l'égalité des sexes, à amener d'anciens combattants à rendre leurs armes de leur plein gré et à favoriser le retour dans leurs foyers des réfugiés et des déplacés.

Le 29 mai se veut un hommage à ces hommes et femmes du monde entier qui se dévouent sans répit et avec courage pour faire régner la paix.

* Puisque nous parlons des opérations militaires, restons-y, pour vous présenter d'abord le nouveau porte-parole militaire, le Lieutenant-colonel Stéphane LESCOFFIT. Il est français de nationalité, marié et père d'un enfant. A l'heure qu'il est, vous devriez avoir une page biographique sur lui, pour une plus ample connaissance avec lui. Nous lui souhaitons la bienvenue en RDC, et je lui passe la parole, pour nous parler de la situation militaire. Lieutenant-colonel :

Au cours de la semaine écoulée de nombreuses opérations ont eu lieu dans l'est de la RDC, principalement en Ituri.

Ainsi, lors de l'opération «Ituri Elément III,» un soldat népalais est décédé, le Sergent Adhikari Gyan Bahadur. Le 27 mai au matin cette opération a débuté. Le lendemain, le 28 un accrochage a eu lieu alors que les Casques bleus de la MONUC prêtaient main-forte aux FARDC dans une attaque menée contre les milices qui sévissent dans cette partie du pays. Trois soldats népalais blessés durant cet incident ont été immédiatement évacués vers l'hôpital militaire marocain de la MONUC à Bunia, ils sont désormais hors de danger. Vingt casques bleus du bataillon népalais ont été héliportés sur le lieu de l'accrochage afin de renforcer les éléments déjà sur place, bénéficiant aussi du soutien aérien d'un hélicoptère de combat MI 25. Au total 135 roquettes ont été tirées par le MI-25 AH dans le cadre de l'action de soutien aérien. Une section de mortier a également été héliportée de Bunia vers Fataki et a rejoint la zone à 12H00 le même jour. Lors de cet affrontement, sept autres soldats népalais se sont trouvés en difficulté et ont rompu le contact avec leur unité.

Le mardi 30 mai, la capture des sept soldats a été annoncée. Ils sont prisonniers d'éléments armés appartenant au Front des Nationalistes et des Intégrationnistes de Peter Karim. Un contact indirect a été établi avec les miliciens auxquels le message suivant a été adressé:
«Ces soldats doivent être relâchés le plus rapidement possible, sains et saufs, et sans conditions aucune. Les personnes qui détiennent les soldats de la paix sont responsables de leur sort et devront assumer les conséquences de leurs actes.» Une fois de plus, la MONUC tient à réaffirmer à Peter Karim qu'elle le tiendrait pour personnellement responsable de ce qui pourrait advenir.

A l'heure qu'il est, l'opération Ituri Explorer se poursuit dans la région de Tchei. 24 miliciens se sont rendus aux forces conjointes FARDC / MONUC. La région de Tchei est maintenant sécurisée et sous le contrôle des forces conjointes. Les FARDC, appuyées par la MONUC, ont fortifié leurs positions défensives à Tchei et continue d'effectuer des patrouilles à Aveba et Kabuna. Le bilan de cette opération est actuellement le suivant:
* 73 miliciens tués, 6 capturés;
* 15 AK-47, un mortier de 82 mm et de nombreuses armes diverses prises aux miliciens.

Malheureusement, 8 soldats des FARDC ont perdu la vie au cours de l'opération, et 28 autres ont été blessés. Ils ont étés évacués vers l'hôpital militaire marocain de niveau 2 de Bunia. La MONUC salue les soldats des FARDC qui ont perdu la vie pour installer la paix en RDC.

Toujours en Ituri, le 26 mai, à Joo (rive ouest du lac Albert), des miliciens ont attaqué les FARDC. Lors de l'accrochage, 5 soldats FARDC ont été tués. L'unité fluviale uruguayenne et une unité des FARDC ont été envoyées en renforts à Joo. La zone est maintenant revenue sous le contrôle des FARDC.

Au regard de la situation générale dans l'ensemble de l'Ituri, on peut noter que les diverses opérations qui se déroulent, montrent que les différentes milices et groupes rebelles, las des combats, se présentent au processus de Désarmement Démobilisation et de Réintégration. Ceux qui ne le font pas, seront empêchés par la force de faire souffrir les populations.

Au Nord Kivu, maintenant:
Le 25 mai, la compagnie Sud Africaine a complété son dispositif à Rwindi, et a débuté sa mission de sécurisation de l'aéroport de Mavivi.

Le 25 mai toujours, une rencontre était organisée entre les représentants des FARDC, le PNC, l'ANR et les notables des villes et villages près de Eringeti. Les fonctionnaires ont fait part de leurs inquiétudes concernant la sécurité dans la région. En réponse, les FARDC vont envoyer plus de soldats vers Maisifi afin de protéger la population.

Le 26 mai, à Goma, une patrouille conjointe FARDC / MONUC a empêché un groupe armé de piller une maison en tirant en l'air. Les voleurs n'ont pu être arrêtés. La MONUC conduit des patrouilles jour et nuit afin de réduire le nombre d'actes de banditisme dans la région et de sécuriser la zone.

Au Sud Kivu:
La brigade du Sud Kivu a continué ses opérations de sécurisation de jour comme de nuit, afin de protéger la population contre les groupes armées. Le 25 mai, les FARDC à Lurhale ont été attaqués par le FDLR. Le bataillon Pakistanais a conduit l' "Opération Night Flash" dans la zone pour dissuader les FDLR de revenir.

Le 26 mai, la brigade du Sud Kivu a lancé l'opération South Stability: une base mobile située à Bunyakiri, près du parc national Kahuzi Biega. Le but de cette opération est de rassurer la population et de réduire la liberté de mouvement des miliciens qui opèrent dans la région. L'opération continuera pendant plusieurs semaines.

Le 29 mai, durant l'opération Safe Path II, le bataillon Pakistanais et les FARDC ont évité un cas de banditisme à Hombo. Des coups de feu ont été échangés, mais les pillards se sont échappés. La MONUC continuera ses patrouilles afin de augmenter la sécurité de la population.

Dans le secteur 4 – Kalemie:
Au Katanga, les vérifications et contrôle d'armes ont continué, avec plus de 360 certificats de désarmement signés et distribués à ce jour. Le bataillon béninois surveille l'aéroport à Kalemie, pour assurer, entre autre, une distribution du matériel électoral sans anicroche.

Plus près de nous à Kinshasa, le samedi 27 mai, la Western Brigade a mené une patrouille avec de nombreux véhicules blindés et un hélicoptère. L'objectif de cet exercice est multiple à l'approche des élections:

* Tout d'abord, dissuader d'éventuels perturbateurs du processus électoral et les empêcher de nuire à la planification des élections;
* Mais aussi montrer à la population que la MONUC est capable d'assurer sa sécurité;
- Sur un plan plus tactique, parfaire l'entraînement de la brigade et familiariser ses unités à intervenir sur le terrain de leur zone d'action, si nécessaire.

Les patrouilles seront organisées chaque fin de semaine. Une attention particulière est portée afin de ne pas gêner la population civile et de ne pas créer d'embouteillages. Des routes différentes seront utilisées à chaque fois.

* La MONUC déplore les incidents survenus samedi dernier à Gbadolite dans la Province de l'Equateur, et lundi dernier à Uvira au Sud-Kivu. A Gbadolite, quelque 350 individus, des ex-combattants démobilisés s'en sont pris à l'équipe d'Observateurs militaires de la MONUC, afin disaient-ils, d'obtenir l'intervention de la Mission pour le paiement de leurs primes auprès de la CONADER. A Uvira, ils étaient une centaine de manifestants, à réclamer le paiement de leurs arriérés dus par la CONADER. La MONUC tient à rappeler, une fois de plus, qu'elle n'est en rien mêlée au paiement des primes aux ex-combattants.

Nous nous étonnons de voir que les paiements des ex-combattants par la CONADER n'interviennent généralement qu'après ce genre de manifestations. A Gbadolite et Uvira, la CONADER a commencé à payer un jour après. Ce qui signifie clairement qu'elle a les moyens de son action. La MONUC demande dès lors que chacun prenne ses responsabilités, et que l'on ne se trompe pas de cible: seuls, la CONADER et le Gouvernement ont la responsabilité de la gestion des ex-combattants. Tout le monde a le droit de manifester, mais nous condamnons tout usage de la violence. La MONUC a le mandat de se protéger et de protéger son personnel et ses installations. Elle l'appliquera chaque fois que la sécurité de son personnel et celle de ses biens sera menacée par qui que ce soit.

* Pour ce qui est du processus électoral, la MONUC continue à noter avec satisfaction l'évolution des préparatifs des élections. Nous voudrions saisir cette occasion pour dénoncer, une fois de plus, l'utilisation des enfants à des fins politiques par certains partis politiques pendant cette période pré-électorale.

Les 21 et 22 mai derniers dans les rues de Gbadolite dans la Province de l'Equateur, la population a assisté, impuissante, à un affrontement entre deux bandes rivales des enfants supportant deux partis politiques opposés.

La MONUC trouve cela inacceptable et rappelle aux partis politiques que non seulement de telles pratiques sont interdites par la loi, mais surtout qu'il est plutôt de leur devoir de protéger les enfants plutôt que de les exposer à de tels risques.

* Sur le plan humanitaire, une mission humanitaire commune s'est rendue à Aveba (dans le Territoire d'Irumu, District de l'Ituri) mardi 29 mai pour y évaluer les besoins des populations civiles. A l'arrivée de la mission, la localité était totalement déserte, alors que près de 13 000 adultes y avaient été identifiés en décembre dernier, lors de l'inscription sur les listes électorales.

Les 600 kg de biscuits que OCHA et l'UNICEF avaient prévus en guise de rations alimentaires d'urgence n'ont donc pas pu être distribués. Quelque 400 kg ont été confiés au Bataillon Pakistanais déployé sur place, au cas où des déplacés reviendraient; le reste a été ramené à Bunia.

Le bétail a également disparu de la localité d'Aveba, mais la mission a remarqué que les champs étaient prêts pour la récolte. Afin d'éviter que celle-ci se perde, la MONUC, avec OCHA et le HCR, entend mener une action de sensibilisation auprès des responsables de la communauté Ngiti pour restaurer la confiance et convaincre les populations déplacées de rentrer chez elles.

Plusieurs hypothèses sont avancées pour tenter d'expliquer la désertion de cette localité par ses habitants: la population peut avoir fui vers Tchei juste avant les opérations militaires, et s'y trouverait bloquée; elle peut aussi s'être déplacée suite aux combats de février et mars derniers et s'être installée ailleurs (à Bunia ou Kantoni par exemple); enfin, elle peut encore avoir fui les derniers combats, avoir été «prise en otage» par des miliciens ou chercherait encore à se cacher des FARDC. En tous les cas, la MONUC et ses partenaires continuent à investiguer pour en savoir davantage, et ainsi venir en aide aux personnes vulnérables.

Par ailleurs, un survol par hélicoptère des environs de Tchei effectué le 23 mai dernier a permis d'estimer à environ 10 000 le nombre des personnes déplacées par les opérations militaires conjointes dans le territoire d'Irumu. Si certaines d'entre elles avaient pu se ménager des abris sous des bâches en plastique, la majorité en est dépourvue, alors que les conditions climatiques sont aggravées par la saison des pluies. Malgré une accessibilité sérieusement réduite par le manque de routes, la poursuite des opérations militaires et l'insécurité ambiante, plusieurs ONG internationales continuent de venir en aide aux déplacés.

C'est le cas à Komanda, où depuis janvier dernier CESVI (ONG italienne) a assisté plus de 2 500 familles (soit environ 13 000 personnes). MEDAIR a fourni une assistance médicale, Solidarités eau et assainissement, tandis que l'ONG locale PAP RDC distribuait de la nourriture et des ustensiles.

* Toujours au plan humanitaire et social, le contingent sénégalais de la MONUC-Kananga (Senegalese Formed Police Unit), s'est rendu samedi 27 mai à Bunkonde, petite localité de 10000 habitants située dans le sud-est de la Province du Kasaï Occidental, à 75 Kms de Kananga. Bunkonde est certes doté d'un centre hospitalier pour une zone rurale, mais les problèmes n'y manquent pas: notamment l'absence ou l'insuffisance du matériel médical, des produits pharmaceutiques et de personnel qualifié.

C'est dans cette optique, que sous l'autorité du Commandant de la SENFPU, accompagné du Chef de Bureau, de la MONUC, une séance de consultation gratuite a été initiée au profit des habitants du village de Bunkonde. Outre des consultations gratuites et un don de médicaments par l'équipe médicale supervisée du contingent sénégalais, il y a aussi eu une séance de sensibilisation des populations sur les MST et le VIH Sida. 127 patients ont ainsi été consultés. Il faut noter que ce n'est pas la première action du genre organisée par le contingent sénégalais: un important don de vêtements avait déjà été remis en mars dernier à la maison d'arrêt et de correction de Kananga.

* Sur le plan des droits de l'homme et de la liberté d'expression, la MONUC demande aux autorités d'assurer la protection des journalistes, qui sont de plus en plus l'objet d'attaques et d'intimidations.

Les événements des dernières semaines sont assez nombreux et inquiétants, pour amener la MONUC à se saisir de cette question qui pose le problème de la liberté de la presse en République démocratique du Congo:

Ainsi, mardi 23 mai 2006 à Kinshasa, quatre hommes en uniforme ont agressé un journaliste dans sa ferme non loin de Kinkole. D'après ce journaliste qui a été interrogé par Radio Okapi, ces hommes en uniforme l'ont accusé de détenir des armes et d'entretenir des militaires, avant de le questionner sur des faits liés à l'arrestation d'un pasteur bien connu des Kinois. Le journaliste agressé est comme par hasard candidat indépendant à la députation nationale à Kinshasa.

AP qui était agressé à Kinshasa par des malfaiteurs au cimetière de la Gombé. Sa camera a été arrachée ainsi qu'une somme de 3000 dollars américains par ces bandits qui selon ce journaliste, se réclamaient de la DGM et brandissaient des cartes militaires.

Mercredi 24 mai, toujours à Kinshasa, un cameraman d'une Tv locale était tabassé et son matériel détruit par des policiers commis à la garde d'un l'artiste musicien bien connu de la place.

Le même jour à Lubumbashi, un journaliste de Radio Okapi subissait des menaces de mort et injures au marché public de la Ville où il s'était rendu pour réaliser un reportage sur les marchands pirates. Sur place, il a été encerclé par plusieurs marchands qui ont commencé à crier des slogans hostiles à la MONUC, et promis de le lyncher, justement parce qu'il travaille à la MONUC.

Vendredi 26 mai, deux journalistes reporters de la Radio-Télé Mwangaza ont été agressés à Lubumbashi par un agent de l'ANR/section aéroport de la Lwano. Selon la directrice de cette chaîne, l'agent de l'ANR leur a ravi la camera. Il reprochait à ces reporters d'avoir pris des images d'un avion cargo qui était en difficulté d'atterrissage empêchant ainsi l'atterrissage d'autres avions. Pourtant le commandant de la RVA avait déjà donné son autorisation. La responsable de la Radio-Tele Mwangaza affirme que c'est la deuxième fois que les agents de l'ANR ravissent du matériel à ses agents.

Tous ces faits sont assez graves, et ne peuvent que ternir l'image du pays. Les Nations Unies attachent un intérêt particulier à la liberté de la presse. C'est un principe universel, reconnu par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme. Nous invitons le gouvernement congolais à tout faire pour assurer une protection aux journalistes, et leur permettre ainsi d'exercer leur métier, en toute liberté.

* Par ailleurs, au nom de la liberté de presse et du droit à l'information, la MONUC souhaiterait une issue heureuse au différend qui oppose actuellement certaines autorités et la Radio française RFI. Car cela fait depuis plus d'un mois que Madame Ghislaine Dupont, envoyée spéciale de Radio France Internationale en RDC pour la couverture des élections, ne peut travailler, faute d'accréditation du gouvernement. Les Congolais ont le droit de savoir; ils ont besoin d'être informés sur l'évolution du processus électoral et de leur pays en général. La part des medias dans cette quête de l'information et du savoir est prépondérante. La MONUC espère et demande même qu'une solution soit rapidement trouvée à ce problème.

* Dans ce même ordre d'idées, il faut noter que de nombreux journalistes étrangers envoyés en RD Congo par leurs rédactions pour la couverture du processus électoral se sont adressés à la MONUC ces derniers jours, pour faire part de leurs plaintes contre le traitement qui leur est réservé par le Ministère de l'Information et de la Presse. Certains se sont plaints d'avoir été amenés à payer des sommes importantes d'argent pour leur accréditation: 150 dollars, 200 ou 300 dollars, selon les cas; et ce, sans reçus officiels. Quand il y en a eu, ce sont des bouts de papiers qui leur ont été remis, mais sans cachet officiel !

La RD Congo est un pays-pivot en Afrique; il intéresse de nombreux pays étrangers; il faut donc capitaliser ce capital-sympathie. Mais si les journalistes, qui sont les yeux, la bouche et les oreilles du monde entier sont maltraités et constamment intimidés par qui ce soit, la nécessaire crédibilité et transparence que nous voulons tous pour les prochaines élections risque d'être mise à mal.

* Toujours sur le plan des droits de l'Homme, la MONUC continue d'être gravement préoccupée par le nombre important de cas de violences sexuelles et attentats à la pudeur commis sur des femmes et des mineurs au Sud Kivu par des éléments des forces de sécurité congolaises; entendez FARDC, GSSP ou Garde républicaine et police nationale.

La section des droits de l'homme et la section de la protection de l'enfance de la MONUC suivent actuellement plusieurs nouveaux cas graves de violations de ce type, et certains des auteurs de ces crimes n'ont toujours pas fait l'objet de poursuites. La section de la protection de l'enfance est particulièrement préoccupée par le cas d'un officier de police de Walungu: ce Monsieur est l'auteur présumé d'un attentat à la pudeur sur un enfant de 2 ans, d'un viol sur un enfant de 5 ans et d'un autre viol sur une adulte.

Mis aux arrêts par le Commandant de la police de Walungu, il se serait «échappé» de son cachot, à la veille même de la visite de l'équipe de la MONUC sur place. A l'heure actuelle, le policier n'a toujours pas été retrouvé et ces crimes restent impunis.

Passons maintenant aux questions. Première question :

* Avant de rendre l'antenne, notez que la MONUC salue la création de l'Association des Journalistes Pour la Paix; L'AJPP, qui regroupe des professionnels de tous les medias (radio, télévision et presse écrite), peut jouer un important rôle dans le contexte social actuel congolais. Nous voulons la rassurer de notre disponibilité à travailler avec elle, dans le cadre de l'objectif qui rassemble Congolais et communauté internationale; à savoir, l'i