À Beni, deux cents femmes et hommes, parmi lesquels des filles-mères, des femmes vulnérables et d’anciens combattants, ont reçu des kits de réinsertion à l’issue d’un parcours de formation professionnelle. Cette remise s’inscrit dans le cadre du projet Muda Wa Amani II, « le temps de la paix » en swahili, mis en œuvre par l’ONG suisse HEKS/EPER avec un financement de 1,2 million de dollars américains de la MONUSCO.
Le projet est mis en œuvre en appui au Programme de désarmement, démobilisation, relèvement communautaire et stabilisation (PDDRC-S). Il vise à renforcer la cohésion sociale et la prévention des conflits, à favoriser la réinsertion socio-économique d’anciens combattants et de personnes vulnérables, ainsi qu’à développer les compétences professionnelles des jeunes et des femmes.
Pendant cinq mois, les participants au projet ont suivi des formations dans des filières choisies en fonction de leurs intérêts et des opportunités locales, notamment l’informatique, la plomberie, la pâtisserie, la mécanique automobile, la briqueterie, ainsi que la coupe et couture. Les kits remis comprennent, selon les spécialités, des machines à coudre, des ordinateurs, des imprimantes et divers outils techniques destinés à faciliter le lancement d’activités économiques autonomes.

Un engagement en faveur de la paix
À travers cette remise, la MONUSCO renforce son engagement aux côtés du Gouvernement congolais et du PDDRC-S afin de créer des conditions propices à la démobilisation de membres de groupes armés et à leur réintégration durable au sein des milieux d’accueil. Les autorités présentes ont salué la démarche d’anciens combattants ayant choisi de déposer les armes et de s’inscrire dans un processus de réinsertion pacifique.
Selon Joseph Sukisa, coordonnateur provincial par intérim du PDDRC-S, l’approche adoptée privilégie l’inclusion communautaire. À Beni et Oicha, 200 personnes ont été accompagnées, dont 140 jeunes à risque et personnes vulnérables, ainsi qu’environ 60 anciens combattants.
À l’issue de la formation, un certificat d’apprentissage délivré par le ministère de la Formation professionnelle a été remis à chacun. Les personnes formées ont été encouragées à mettre à profit les compétences acquises et les équipements reçus afin de développer des moyens de subsistance durables.
Des parcours de transformation
Pour Alexandre Katembo, ancien combattant formé en briqueterie, le projet marque un tournant. « Grâce à la formation et au kit reçus, je travaille déjà avec quatre collègues. Avec le développement immobilier à Beni, cette activité me permet d’envisager l’avenir avec plus de sérénité. J’ai également lancé un petit restaurant grâce à la subvention reçue au début du projet. Aujourd’hui, je parviens à subvenir aux besoins de ma famille », explique-t-il.

Lancé le 19 avril 2025, le projet Muda Wa Amani II se poursuivra jusqu’au 28 février 2026. Il comprend, outre les formations professionnelles, des actions de dialogue, de prévention des conflits, de renforcement des capacités, ainsi que des initiatives d’éducation civique et d’appui psychosocial.
Auteur : Jean-Tobie Okala






















