MONUSCO
Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo

Droits des enfants : la MONUSCO recense 47 violations graves et renforce la surveillance dans les zones en conflit

En décembre 2025, la section Protection de l’enfant a documenté 80 violations touchant 63 enfants (dont 20 filles), soit une baisse de 56 % par rapport à novembre.
En décembre 2025, la section Protection de l’enfant a documenté 80 violations touchant 63 enfants (dont 20 filles), soit une baisse de 56 % par rapport à novembre.

La section Protection de l'enfant de la MONUSCO a documenté 47 violations graves des droits dont 35 enfants ont été victimes entre le 11 et le 17 janvier dernier. Dans le même temps, elle a renforcé la surveillance des violations graves, intensifié ses efforts de plaidoyer en faveur de la libération des enfants détenus, soutenu les efforts de réintégration et renforcé sa collaboration avec la société civile et les acteurs étatiques. Des initiatives qui ont contribué à améliorer l'efficacité des mécanismes de prévention et d'intervention en faveur des enfants touchés par le conflit.

Parmi les violations graves des droits des enfants (28 cas dans le Nord-Kivu et 19 en Ituri), on compte notamment des cas de recrutement et d’utilisation d’enfants dans les groupes armés, meurtres et mutilations, violences sexuelles et enlèvements.

Leurs auteurs se comptent parmi les rebelles du M23, les miliciens Nyatura/CMC, les FARDC, les combattants de la CODECO, les ADF, les miliciens FRPI et d'autres.

En décembre 2025, la section avait documenté 80 violations touchant 63 enfants (dont 20 filles).

Plaidoyers et interventions

Malgré une présence réduite sur le terrain à la suite de la réduction des postes au sein de la MONUSCO en fin d’année dernière, la section en charge de la Protection de l’enfant a continué à multiplier ses interventions pour assurer la protection et la coordination entre les différents piliers actifs dans son secteur d’activité.

Vingt-sept enfants ont ainsi bénéficié d'une protection immédiate et de soins spécialisés grâce à la collaboration avec l'UNICEF, le P-DDRCS et d’autres partenaires qui œuvrent dans la protection de l’enfance.

Un peu plus tôt dans l’année, des agents de la section se sont joints à une mission d'évaluation conjointe conduite à Bule et Bayoo dans le territoire de Djugu en Ituri avec d'autres sections de la mission onusienne à la suite d'affrontements entre l’armée et la milice CRP.

Dix violations graves ont documentées, dont huit cas de mutilations causées par des tirs ou des engins explosifs et deux meurtres.

Sept autres cas distincts de violations des droits des enfants sans lien avec les affrontements ont été également identifiés.

Tous les enfants blessés ont été évacués d'urgence et ont reçu des soins médicaux dans la base de la MONUSCO à Bayoo, avant d'être transférés à l'hôpital de Fataki pour des soins plus appropriés.

La mission a renforcé les efforts de protection, coordonnés avec la Force et les organisations de la société civile autour des sites de déplacés internes.

130 enfants libérés des mains du M23

Au cours de la même semaine du 11 au 17 juillet à Goma, la section Protection de l’enfant de la MONUSCO a pu confirmer la libération de 130 enfants (dont 27 filles) détenus par l'AFC/M23 à la prison de Munzenze.

Cette libération a été obtenue à la suite d'un plaidoyer soutenu en faveur de la protection de l'enfance. Si l'on ajoute à ce chiffre les libérations précédentes obtenues à la fin de l’année 2025, ce sont au total 275 enfants qui ont été délivrés d’une détention illégale au cours des trois derniers mois.

Cependant, 46 enfants sont toujours portés disparus et leurs parents continuent de demander l'aide de la MONUSCO.

De nombreux enfants avaient été détenus en raison d'une identification erronée comme combattants Wazalendo, d'un statut d'enfant de la rue sans papiers d'identité ou d'infractions mineures. Tous ont été orientés vers des soins médicaux et psychosociaux dispensés par les partenaires de la section de la protection de l’enfance et ont commencé leur retour vers leurs familles.

Par ailleurs, toujours au Nord-Kivu, les efforts de plaidoyer de la section ont permis la libération d'un garçon de 15 ans détenu pendant un mois par le secteur opérationnel Sokola 1 des FARDC. Après sa libération le 13 janvier, l'enfant a été orienté vers une ONG locale pour bénéficier d'une prise en charge provisoire, en attendant que les recherches menées pour retrouver sa famille aboutissent.

La section en charge de la Protection de l’enfant de la MONUSCO veut maintenir le dialogue avec les autorités et les partenaires afin de retrouver les enfants enlevés et faciliter leur libération par les groupes armés.

Elle veut également assurer une coordination étroite avec l'UNICEF, les réseaux de la société civile et les acteurs étatiques afin de renforcer les systèmes de prévention et d'intervention.

Joël Bofengo