Kinshasa 25 Juin 2009- Le Ministère de la Justice, appuyé par la MONUC, organise du 23 juin au 3 juillet 2009 à Kinshasa, un atelier sur la rénovation de l'administration pénitentiaire en République Démocratique du Congo (RDC).
L'atelier réunira, pendant 10 jours, 50 cadres de l'Administration de la Justice, de l'Administration Générale, de l'Université, de la Société civile ainsi que de l'Administration Pénitentiaire représentée par un délégué par province.
S'exprimant à l'ouverture des assises, le Chef de la Section Etat de droit de la MONUC, Harriet Solloway, a émis le vœu que cette rencontre permette d'apporter des réponses aux nombreux problèmes auxquels fait face l'administration pénitentiaire en RDC. En effet, a souligné, Mme Solloway, ''rares sont les prisons qui disposent d'un budget de fonctionnement et d'entretien des détenus; les édifices sont profondément dégradés et souvent inadaptés, les personnels sont insuffisants, encore moins parmi eux sont qualifiés; les évasions, les mutineries, les malades et les décès ne se comptent plus. Il a été souvent constaté que des enfants, des hommes et des femmes soient mis ensemble dans une même cellule''.
Constat corroboré par nombre d'observateurs et des organisateurs de l'atelier, qui démontrent que le système pénitentiaire congolais est structurellement affaibli, soumis à un régime juridique peu généreux vis-à-vis de ses usagers, et se trouve très distant des standards internationaux en matière de détention. Cette situation, reconnaissent-ils, est ''mutilante pour l'Etat de Droit et contreproductive pour les actions des autres maillons de la chaîne pénale''. Elle invite à réformer tout le système, afin de le faire entrer dans le concert des institutions pénitentiaires du monde.
Pour rappel, le Ministère de la Justice, appuyé par la MONUC, la Délégation de l'Union Européenne et la Coopération Française en particulier, avait amorcé un processus formel de réforme du système pénitentiaire, en 2006. Les travaux de réforme avaient débouché sur un projet officialisé par les Assises Pénitentiaires de Kinshasa organisées en 2007.
Il s'agira de réactualiser urgemment le projet de reforme, au cours de cet atelier composé de spécialistes dans la matière et de décideurs en vue de sa mise en exécution.
L'atelier de Kinshasa a lieu dans un contexte marqué par la récente mutinerie suivie d'une tentative d'évasion particulièrement violente, à la prison centrale de Muzenze à Goma, au Nord Kivu. Au cours de l'incident, un groupe de prisonniers mutins a réussi à pénétrer dans le quartier des femmes. Ils y ont violé et violenté environ 20 femmes détenues. Plusieurs personnes ont été tuées et blessées au cours du même incident.
Dans une déclaration publiée mardi dernier, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit ''profondément alarmé'' par le viol et les agressions sexuelles dont ont été victimes environ 20 détenues au cours de cette tentative d'évasion. Pour le patron de l'ONU, cet incident est un triste exemple des conditions pénitentiaires et du niveau de violence sexuelle qui frappent la RDC.
Tout en appelant les autorités congolaises à poursuivre en justice les auteurs de ces crimes, Ban Ki-moon a lancé également un appel au Gouvernement de la RDC afin qu'il engage une réforme du système pénitentiaire en vue de se conformer aux normes minimales internationalement reconnues en matière de traitement des détenus, y compris la séparation stricte des hommes et des femmes.
A cet égard, la MONUC est prête à apporter son assistance au Gouvernement de la RDC, dans la limite de ses capacités. Depuis juillet 2006, elle assiste le ministère de la Justice dans des projets destinés à améliorer les conditions carcérales. Dans la même lancée, la MONUC a mis à la disposition du Gouvernement congolais 13 experts en matière de prison, qui assistent l'administration pénitentiaire, notamment en renforçant la gestion des prisons. La MONUC aide également le Gouvernement dans les projets de réhabilitation et de construction de prisons.



