Le point de presse hebdomadaire a été animé par Kemal Saïki, Directeur de l'Information Publique, Porte-parole de la Monuc, Fernand Castanon, Directeur de la Division des Droits de l'Homme, le Lieutenant-colonel Stéphane Lescoffit(Porte-parole militaire) et Jean-Tobie Okala, Porte-parole adjoint de la Mission.
Bonjour à tous et à toutes, et merci pour votre fidélité à ce rendez-vous hebdomadaire de la revue de l'actualité de la MONUC. Je salue également tous les auditeurs de Radio Okapi qui nous suivent à travers le pays et le monde, grâce à l'Internet notamment.
Au cours des sept derniers jours, la situation est restée stable sur l'ensemble de la République Démocratique du Congo ; malgré la persistance de quelques poches d'insécurité à l'Est du pays. Mais fondamentalement, aucun événement majeur n'a remis en cause la sécurité du pays.
Parmi les faits importants qui ont marqué la semaine écoulée, notons :
- Des tirs contre un hélicoptère de la MONUC à Bunia ;
- La libération des cinq derniers casques bleus népalais qui étaient encore retenus en captivité par le FNI de Peter Karim
- Et bien évidemment la campagne électorale qui est entrée dans sa 2e semaine
Jean-Tobie, le développement de cette actualité.
Le samedi 08 juillet 2006, vers 17 heures, les cinq Casques bleus népalais de la brigade Ituri de la MONUC, qui étaient aux mains de la milice du Front des Nationalistes et Intégrationnistes (FNI) depuis le 28 mai, ont été relâchés sains et saufs ; ils sont actuellement avec leurs camarades à Kwandroma. Il faut rappeler que c'est le 27 mai dernier qu'une unité de Casques bleus népalais avait été prise dans un accrochage avec miliciens du FNI ; au cours de cet accrochage, un soldat népalais avait trouvé la mort, trois autres étaient été blessés et sept d'entre eux avaient été capturés par le groupe de Peter Karim. Deux des sept Casques bleus capturés avaient déjà été libérés le 27 juin.
Le dénouement heureux de cette longue épreuve a pu avoir lieu, grâce à la participation active et aux efforts inlassables déployés par les représentants de la communauté locale, que la MONUC remercie une fois de plus.
Sur le plan sécuritaire, les opérations militaires se poursuivent normalement à travers le pays. La MONUC continue à escorter le matériel électoral, mais le fait majeur de la semaine écoulée reste l'attaque contre un hélicoptère de la MONUC en fin de semaine dernière en Ituri.
Plus de détails avec vous, Lieutenant-colonel Stéphane Lescoffit :
Durant la semaine écoulée les troupes de la MONUC ont escorté les transports de matériels électoraux, alors que les efforts d'information sur le processus électoral de la part de patrouilles et d'observateurs militaires ont continué quotidiennement.
En Ituri, la semaine a été marquée de façon très positive par la libération des cinq otages népalais le 8 juillet, ainsi que par la reddition de plus de 200 combattants et la stabilisation de la situation au sud ouest de Bunia.
Bien que la situation se soit détériorée au point qu'une patrouille marocaine ait dû appuyer par le feu des éléments des FARDC, pris à partie par des miliciens à 10 Km à l'ouest de Bunia, les FARDC ont réussi à maintenir, voire même à rétablir leurs positions sur les axes Bunia-Aveba et Bunia-Komanda. Depuis une semaine, et ce chaque jour, les positions des FARDC sur les hauteurs d'Avi, à quelques kilomètres au nord d'Aveba, ont été attaqués par des miliciens venant de Tchei. Chacune de ces attaques a été repoussée avec l'appui des troupes bangladeshi stationnées à Aveba. Le 9 juillet, lors d'une contre-attaque, un camp milicien a été saisi et détruit dans la localité de Kamatchi. Sur l'axe Bunia-Komanda les FARDC ont réoccupé leurs positions et conduisent des patrouilles, permettant à une partie de la population de retourner vers leurs villages.
Les missions de sensibilisation continuent, même si le 6 juillet un hélicoptère de transport effectuant un lâcher de tracts, au dessus de Songolo à une trentaine de kilomètres au sud ouest de Bunia, a été atteint par des tirs d'hommes armés. Le pilote a été blessé à la jambe. Il a été évacué sur l'hôpital militaire de Bunia et immédiatement opéré.
Dans le reste du district les patrouilles, les points de contrôle et les actions de sécurisation des marchés ont continué et aucun incident majeur n'a troublé la situation.
Au Nord Kivu les casques bleus indiens ont continué de surveiller et de sensibiliser les brigades de l'ex-ANC, afin d'inciter les soldats à rejoindre le brassage. Plus d'un millier de soldats issus de ces brigades ont déjà rejoint le centre de brassage de Rumangabo. La brigade du Nord Kivu multiplie les patrouilles et les points de contrôle. Les casques bleus indiens restent extrêmement vigilants et poursuivent les actions de surveillance et de sécurisation, parallèlement à l'appui au processus électoral.
Une base mobile a été mise en place entre le 4 et le 7 juillet à Eringeti dans le Grand Nord afin de surveiller la situation suite aux déplacement de population au sud de l'Ituri voisin. Une équipe de la CEI a été intégrée au sein d'une action à Maguredjipa, à 90 kilomètres à l'ouest de Butembo, permettant ainsi une sensibilisation des électeurs. Les actions du DDRRR ont continué permettant le 4 juillet la reddition de 5 dépendants des FDLR dans le territoire de Ruthshuru.
Au Sud Kivu parallèlement aux actions de sécurisation et de appui au processus électoral, le contingent pakistanais a maintenu sa base mobile à Bunyakiri, afin de protéger la population locale. Les casques bleus effectuent quotidiennement, des patrouilles, des points de contrôles et des escortes dans le secteur. Le nombre d'attaques de combattants hutus rwandais contre la population a diminué depuis le déploiement des casques bleus. Contribuant à l'effort électoral l'unité fluviale uruguayenne a transporté 1.7 tonnes de matériel électoral vers l'île d'Idjwi le 6 juillet. Dans la nuit du 5 au 6 juillet des combattants hutus rwandais on tué une femme et enlevé deux autres à Mohugu, à quelques kilomètres au nord de Kaniola. Les casques bleus ont continué leurs opérations de sécurisation de jour comme de nuit. Ces opérations visent à protéger la population, à assurer le regain de l'activité économique, à garantir la liberté de mouvement et à permettre un déroulement de la campagne électorale sans turbulences.
Au Katanga les équipes d'observateurs militaires ont constaté le lancement, sans anicroche majeur, de la campagne électorale. A Mitwaba, 2 combattants Mai Mai se sont rendus le 7 juillet au bataillon béninois. Le 8, juillet 30 militaires du détachement avancé sud africain sont arrivés à Kamina. Ils doivent assurer le déploiement de deux hélicoptères Oryx dés le 13 juillet. La présence de ces hélicoptères permettra à la MONUC d'étendre son aire d'influence opérationnelle au Katanga et permettra des actions héliportées avec le bataillon indien qui se déploiera prochainement à Kamina.
Sur le plan social et humanitaire, en Ituri, un peu moins de 2 500 ménages – soit environ 12 500 personnes - étaient recensés en date d'hier, mardi 11 juillet au camp de déplacés de Dele, à 5 Km de Bunia, suite aux mouvements de population causés par la reprise des accrochages au territoire d'Irumu. Fuyant la zone des combats au sud de Bunia, ces déplacés ont d'abord convergé vers la capitale du district de Tchem Tchem, avant d'être redirigés vers sa périphérie sur demande des autorités locales, où ils reçoivent désormais une assistance humanitaire de la part des agences des Nations Unies et des ONG internationales présentes sur place.
Le 6 Juillet 2006, Madame la Commissaire de District à Bunia a déclaré sur les antennes de Radio Okapi qu'il n'était pas question que les nouveaux déplacés restent à Bunia, ni même à Dele, émettant le souhait qu'ils rentrent dans leurs villages afin de pouvoir voter le 30 juillet prochain. Même si l'intention est louable, c'est une position qui inquiète la communauté humanitaire, qui conçoit mal que ces déplacés soient forcés de rentrer vers des zones non encore sécurisées, et rappelle que toute décision de retour ne peut être que volontaire.
L'attention portée à ces récents développements ne doit pas faire oublier l'urgence à laquelle sont confrontés d'autres déplacés du district, comme les 22 000 personnes regroupées à Geti, à 79 Km au sud de Bunia, qui ne reçoivent plus d'aide depuis près de 3 mois. Leurs besoins en vivres sont nettement plus pressants que ceux des déplacés de Dele, soulignent les ONG, qui évoquent plusieurs cas de malnutrition. Dans des conditions d'accès rendues encore plus précaires du fait de la situation sécuritaire, ces ONG - Solidarités, COOPI et MSF-S – se sont rendues plusieurs fois à GETI au cours de la semaine dernière pour y acheminer de la nourriture, des bâches et des couvertures.
Au Katanga Central, même si on note un mouvement de retour de 4 000 déplacés de Dubie à leurs villages d'origine pendant le dernier mois, à Mitwaba, on signale encore l'arrivée de Mayi-Mayi avec leurs dépendants. En effet, malgré la reddition de Gédéon, plusieurs zones de retour ne sont pas encore sécurisées. Certains déplacés qui sont partis évaluer la situation dans leurs villages d'origine ont subi des tracasseries de la part des militaires FARDC, notamment de la 62ième et 67ième brigades.
De plus, l'Administrateur du Territoire de Mitwaba n'a pas encore officiellement autorisé le mouvement de retour des déplacés qui avaient trouvé refuge à Mitwaba. Il faut savoir aussi que 90% des déplacés s'étaient fait enrôler à Mitwaba ; ainsi ils ne pourront voter qu'à Mitwaba. Mais le blocage officiel sur le processus de retour en cette période pourrait avoir de lourdes conséquences sur la situation humanitaire. En effet, cette période de saison sèche est la plus propice pour reconstruire les abris ainsi que pour préparer la saison agricole qui commence dans deux mois. Et si celle-ci est ratée, les déplacés devront compter encore sur l'assistance du PAM pendant plusieurs mois.
La section des Affaires civiles de la MONUC identifie actuellement les zones prioritaires où pourront être déployés une centaine de Casques Bleus pendant les trois prochains mois. Ceci devrait attirer hors de la brousse les Mayi-Mayi qui veulent se rendre, augmenter la confiance des populations, permettre l'accès des acteurs humanitaires à ces zones, et, ainsi les inciter retourner chez eux.
Toujours au Katanga, mais plus à l'est, 3 000 militaires et leurs dépendants provenant du Centre de Brassage de Kamina, sont arrivés à Kalemie depuis vendredi 7 juillet. La MONUC reste préoccupée par la situation humanitaire de ces familles durant leur séjour à Kalemie en attendant leur déplacement sur Uvira. Le décès récent du Chef d'Etat Major de la Force terrestre pourrait signifier des difficultés pour l'évacuation de ces militaires.
Sur le plan électoral, la campagne est entrée dans sa deuxième semaine. La MONUC reste globalement satisfaite de son déroulement ; toutefois, de nombreux incidents et irrégularités sont signalés à travers le pays. Des enfants arrêtés au marché public Mariano à Kinshasa, des candidats empêchés de faire campagne à Kabare au Sud-Kivu ; à Kananga, au Kasaï occidental, l'intolérance est montée en flèche ces derniers jours, avec des prises de bec entre militants, des affiches arrachées, déchirées, quand elles ne sont pas brûlées.
La MONUC se préoccupe par ailleurs du traitement quelque peu discriminatoire réservé à certains candidats à la présidentielle qui sont obligés de payer des taxes aéroportuaires là où ils se rendent pour battre campagne : alors que d'autres candidats ne sont pas soumis au même traitement.
La MONUC a toujours rappelé que la campagne devait se dérouler dans le calme, la sérénité et dans les conditions de transparence totale. Nous le demandons une fois de plus aujourd'hui : tous les candidats doivent être traités sur un même pied d'égalité.
Les élections auront lieu dans moins de trois semaines ; le déploiement du personnel électoral qui travaillera dans les bureaux de vote a commencé ; de même, celui de la police civile de la MONUC est en cours, tout comme la formation des 24 000 chefs de centres chargés de former à leur tour les 250 000 agents électoraux. L'acheminement du matériel électoral sur l'ensemble du pays avance, en dépit de quelques difficultés logistiques. Urnes, isoloirs, bulletins de vote, listes de candidats et autres matériels continuent à être distribués aux quatre coins du pays. Le rôle de la MONUC dans la sécurisation de ce processus, que ce soit à travers sa logistique, sa police civile ou ses casques bleus, est déterminant.
A propos de sécurisation justement, c'est peut-être l'occasion de rappeler que celle-ci est d'abord du ressort des autorités congolaises. La MONUC n'a pas pour vocation à se substituer au gouvernement congolais, et à assurer, comme certains l'ont demandé, la sécurité des milliers de candidats aux élections législatives ou même celle des 33 candidats à la présidentielle.
De même, il revient à l'Etat congolais de permettre aux journalistes, nationaux comme étrangers, de faire leur travail en toute sécurité. Or, nous constatons avec regrets, que des journalistes continuent à être agressés, intimidés et assassinés, sans que l'Etat ne soit capable d'empêcher de tels actes. Nous demandons à la HAM de condamner fermement toutes les atteintes à la liberté de presse en RDC.
Le crime odieux que constitue l'assassinat le week-end dernier du collaborateur du Phare et qui survient huit mois après l'assassinat du journaliste Franck Ngyke du quotidien La Référence Plus et de son épouse, encore non élucidé à ce jour, ne fait qu'accroître la très vive inquiétude, récemment exprimée à maintes reprises par la MONUC, quant aux actes de violence, aux menaces, aux intimidations et aux restrictions de toute sorte dont sont victimes les journalistes, tant nationaux qu'internationaux, en RDC.
Par ailleurs, la MONUC rappelle que le droit de manifester figure dans la Constitution congolaise. Autant la MONUC demande aux manifestants de respecter la loi, autant elle rappelle aux forces de police la nécessité de faire un usage modéré et proportionné de la force, en cas de répression des dérapages lors de certaines manifestations.
Puisque nous venons d'aborder là, le volet des droits humains, nous allons passer directement à la présentation de la Division des Droits de l'Homme de la MONUC sur l'exercice des libertés civiles en RDC.
Pour nous en parler cette semaine, Fernando Castanon, Directeur de cette Division au sein de la MONUC. Fernando :
La MONUC est en train d'enquêter sur plusieurs rapports d'incidents sur les évènements qui sont survenus lors d'une marche hier à Kinshasa. Dans l'attente des résultats émanant de nos enquêtes, la MONUC se dit préoccupée par les opérations menées par la police pour réprimer le déroulement de cette manifestation sans justification légale apparente.
De la même manière le 1er juillet 2006, à Likasi une manifestation organisée par l'UDPS a été dispersée par la police sur ordre du Maire, qui aurait affirmé ne pas avoir été informé à temps. L'UDPS a déclaré que la manifestation avait déjà été reportée à plusieurs reprises car le maire insistait qu'une telle manifestation exige une déclaration préalable de six jours avant qu'elle ne soit autorisée.
Au regard de ce qui précède, la MONUC rappelle aux autorités locales et nationales que la Constitution consacre le droit de libre expression et de manifestation. La MONUC rappelle aussi le contenu de la circulaire du 29 juin 2006 du Ministre de l'Intérieur. Cette circulaire réaffirme l'obligation de la déclaration préalable, de 24 heures seulement avant la manifestation, en ce qui concerne les réunions et les rassemblements électoraux. Cette circulaire consacre l'annulation du principe de l'autorisation préalable.
La DDH a effectué, du 3 au 8 juillet 2006, une mission d'enquête dans la ville de Matadi, à la suite des évènements y survenus qui ont entraîné la mort de 13 personnes, dont un militaire, le 30 juin 2006. La DDH a conclu que des éléments des FARDC ont commis des violations sérieuses des droits de l'homme alors qu'ils réprimaient une manifestation du mouvement Bundu Dia Kongo (BDK) le 30 juin 2006. Bien qu'il soit difficile de reconstituer les faits avec certitude, même la version la plus favorable aux militaires FARDC relève d'un dysfonctionnement total des services de sécurité à Matadi.
Les sources officielles affirment que les adeptes de BDK ont fait usage d'armes blanches pour ravir l'arme d'un militaire qui faisait partie d'une patrouille envoyée pour empêcher la marche. Ils auraient tiré sur ce militaire, le tuant. Mais la riposte incontrôlée et démesurée des éléments des FARDC, qui se seraient mis à tirer sur les manifestants, ne peut être justifiée. Douze personnes ont trouvé la mort sous les balles de ces militaires, envoyés à la place de la police nationale congolaise pour maintenir l'ordre public. La DDH insiste pour que le gouvernement prenne les dispositions suivantes :
Mener une enquête approfondie afin d'arrêter et sanctionner les militaires incriminés ;
Indemniser les victimes et reconstruire le lieu de culte des adeptes de BDK, rasé par les militaires ;
Sensibiliser les adeptes de BDK et mettre en place un mécanisme de collaboration entre les adeptes de BDK et les représentants de l'État.
S'assurer que le rôle dévolu à la police de maintenir l'ordre public soit respecté et consolidé par les autorités.
La Division des Droits de l'Homme (DDH) reste préoccupée par le dédain du Directeur de l'ANR/Mbuji Mayi pour les règles de procédure pénale. Le Directeur refuse aux officiers des droits de l'homme l'accès aux membres de l'UDPS, arrêtés dans la nuit du 27 au 28 juin 2006, et actuellement détenus au delà du délai légal, après avoir été transférés à un camp militaire où ils auraient été maltraités. Dans ce sens nous rappelons que les directives données par la Présidence au mois de juillet 2005 confirment l'accès de la DDH sans notification préalable et sans entrave aux lieux de détention de la RDC.
La DDH constate avec inquiétude que les membres de certains partis politiques ne jouissent pas de la liberté d'opinion politique, étant les victimes de diverses tracasseries commises par les autorités dans plusieurs provinces. Ainsi, le Vice-président du RCD/Ufamando (Territoire de Masisi, Nord Kivu) a été tué le 4 juin 2006 par les combattants des FDLR/FOCA à Kasunga. La victime aurait reçu une balle à la jambe pendant qu'elle hissait le drapeau du RCD. Elle aurait été ligotée avec le drapeau et emmenée au camp des FDLR/FOCA. En route, la victime aurait succombée de ses blessures après avoir été battue par les FDLR/FOC. De la même façon, à Sange (Uvira), des membres du RCD auraient reçu des menaces de mort d'une source non identifiée. Les menaces suivraient une vague d'arrestations, apparemment à caractère politique, qui dénoterait d'une campagne anti-RCD par les autorités de la zone.
En outre, la DDH effectue une mission d'enquête à Baraka, où un membre du RCD circulait dans la cité pour informer les membres de son parti d'une réunion du RCD. Interpellé par deux militaires marins des FARDC, le membre du RCD aurait été arrêté par ces deux militaires, qui l'auraient battu afin de décourager cet exercice de sensibilisation. Les auteurs de cet acte d'intolérance politique auraient été arrêtés par leur chef hiérarchique.
La DDH salue la décision de la Haute Autorité des Médias (HAM) de fermer, pour sept jours, une station de radio locale à Lodja qui diffusait des propos incitant la population à la désobéissance civile en prévision de la prochaine visite d'un leader politique. La DDH encourage la HAM à jouer pleinement son rôle, fondamental dans cette période électorale, car les élections libres, démocratiques, transparentes et crédibles ne se conçoivent pas dans un climat d'animosité où des discours de la haine et des incitations à la violence sont propagés et diffusés par les médias.
La DDH n'est pas encore en mesure de commenter sur le mobile du lâche assassinat de Bapuwa Mwamba, journaliste indépendant congolais, tué par des hommes armés à son domicile de Kinshasa le 8 juillet 2006 à trois heures du matin. La DDH, tout en menant sa propre enquête sur ce cas, demande à ce que tout soit mis en œuvre pour identifier, arrêter et déférer à la justice les auteurs de cet acte. La responsabilité des autorités congolaises comprend une obligation d'effectuer une autopsie dans les plus brefs délais. À cet égard la DDH déplore l'intransigeance du médecin légiste de l'Hôpital général de Kinshasa (Mama Yemo). Ce dernier refuse de procéder à l'autopsie, en citant « des problèmes administratifs ». Il aurait exigé 75.000FC à la famille de la victime pour ce travail, dont les frais doivent être pris en charge par l'État.
Pour terminer sur une note plus encourageante, la DDH continue ses activités de renforcement de capacité en rapport avec les élections, tenant sept sessions d'informations/débats sur les droits de l'homme liés aux élections à Lubumbashi. Y présents étaient des OPJ, des représentants des partis politiques, des magistrats du parquet, des juges, et des autorités politico administratives ainsi que des ONGDH. À Kananga, la DDH a organisé six sessions de formation au bénéfice des activistes des droits de l'homme, des acteurs politiques, des agents locaux de l'État, des confessions religieuses, des associations féminines et des autorités politico administratives, militaires et policière. Dans le même registre, la DDH a participé le 5 juillet 2006 à une autre session de sensibilisation et de formation aux élections à l'attention des étudiants de l'Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu.
* Merci Fernando. Notez par ailleurs que le Représentant Spécial William s'est rendu à Kindu le vendredi 7 2006, pour une visite de travail. Dans la capitale du Maniema, Monsieur Swing a eu des entretiens avec le gouverneur de province et les autorités policières et militaire provinciales. M. SWING a reçu à Basoko au camp du contingent sud africain, un prix pour la paix qui lui été dédié par deux artistes sculpteurs de Kindu. Il s'agit d' une statue représentant un personnage grand d' une taille de 2m 18 et pesant 100 kgs. Ce personnage, un guerrier traditionnel, tient une hache de guerre à la main droite et dans l'autre main, un enfant protégé contre la violence aveugle. Pour William Swing, cette oeuvre est le symbole de la paix et de la détermination du peuple congolais à aller aux élections.
Le lundi 10 juillet 2006 cette fois, le Représentant spécial est arrivé en début d'après midi à Bunia, en provenance d'Entebbé en Ouganda. Il s'est rendu immédiatement à Kwandroma à 175 Kms au Nord-est de Bunia pour y rencontrer les cinq casques bleus népalais qui ont été libérés le samedi dernier par le FNI de Peter Karim. Monsieur Swing est allé signifier aux sept Casques bleus le soutien
Au cours des sept derniers jours, la situation est restée stable sur l'ensemble de la République Démocratique du Congo ; malgré la persistance de quelques poches d'insécurité à l'Est du pays. Mais fondamentalement, aucun événement majeur n'a remis en cause la sécurité du pays.
Parmi les faits importants qui ont marqué la semaine écoulée, notons :
- Des tirs contre un hélicoptère de la MONUC à Bunia ;
- La libération des cinq derniers casques bleus népalais qui étaient encore retenus en captivité par le FNI de Peter Karim
- Et bien évidemment la campagne électorale qui est entrée dans sa 2e semaine
Jean-Tobie, le développement de cette actualité.
Le samedi 08 juillet 2006, vers 17 heures, les cinq Casques bleus népalais de la brigade Ituri de la MONUC, qui étaient aux mains de la milice du Front des Nationalistes et Intégrationnistes (FNI) depuis le 28 mai, ont été relâchés sains et saufs ; ils sont actuellement avec leurs camarades à Kwandroma. Il faut rappeler que c'est le 27 mai dernier qu'une unité de Casques bleus népalais avait été prise dans un accrochage avec miliciens du FNI ; au cours de cet accrochage, un soldat népalais avait trouvé la mort, trois autres étaient été blessés et sept d'entre eux avaient été capturés par le groupe de Peter Karim. Deux des sept Casques bleus capturés avaient déjà été libérés le 27 juin.
Le dénouement heureux de cette longue épreuve a pu avoir lieu, grâce à la participation active et aux efforts inlassables déployés par les représentants de la communauté locale, que la MONUC remercie une fois de plus.
Sur le plan sécuritaire, les opérations militaires se poursuivent normalement à travers le pays. La MONUC continue à escorter le matériel électoral, mais le fait majeur de la semaine écoulée reste l'attaque contre un hélicoptère de la MONUC en fin de semaine dernière en Ituri.
Plus de détails avec vous, Lieutenant-colonel Stéphane Lescoffit :
Durant la semaine écoulée les troupes de la MONUC ont escorté les transports de matériels électoraux, alors que les efforts d'information sur le processus électoral de la part de patrouilles et d'observateurs militaires ont continué quotidiennement.
En Ituri, la semaine a été marquée de façon très positive par la libération des cinq otages népalais le 8 juillet, ainsi que par la reddition de plus de 200 combattants et la stabilisation de la situation au sud ouest de Bunia.
Bien que la situation se soit détériorée au point qu'une patrouille marocaine ait dû appuyer par le feu des éléments des FARDC, pris à partie par des miliciens à 10 Km à l'ouest de Bunia, les FARDC ont réussi à maintenir, voire même à rétablir leurs positions sur les axes Bunia-Aveba et Bunia-Komanda. Depuis une semaine, et ce chaque jour, les positions des FARDC sur les hauteurs d'Avi, à quelques kilomètres au nord d'Aveba, ont été attaqués par des miliciens venant de Tchei. Chacune de ces attaques a été repoussée avec l'appui des troupes bangladeshi stationnées à Aveba. Le 9 juillet, lors d'une contre-attaque, un camp milicien a été saisi et détruit dans la localité de Kamatchi. Sur l'axe Bunia-Komanda les FARDC ont réoccupé leurs positions et conduisent des patrouilles, permettant à une partie de la population de retourner vers leurs villages.
Les missions de sensibilisation continuent, même si le 6 juillet un hélicoptère de transport effectuant un lâcher de tracts, au dessus de Songolo à une trentaine de kilomètres au sud ouest de Bunia, a été atteint par des tirs d'hommes armés. Le pilote a été blessé à la jambe. Il a été évacué sur l'hôpital militaire de Bunia et immédiatement opéré.
Dans le reste du district les patrouilles, les points de contrôle et les actions de sécurisation des marchés ont continué et aucun incident majeur n'a troublé la situation.
Au Nord Kivu les casques bleus indiens ont continué de surveiller et de sensibiliser les brigades de l'ex-ANC, afin d'inciter les soldats à rejoindre le brassage. Plus d'un millier de soldats issus de ces brigades ont déjà rejoint le centre de brassage de Rumangabo. La brigade du Nord Kivu multiplie les patrouilles et les points de contrôle. Les casques bleus indiens restent extrêmement vigilants et poursuivent les actions de surveillance et de sécurisation, parallèlement à l'appui au processus électoral.
Une base mobile a été mise en place entre le 4 et le 7 juillet à Eringeti dans le Grand Nord afin de surveiller la situation suite aux déplacement de population au sud de l'Ituri voisin. Une équipe de la CEI a été intégrée au sein d'une action à Maguredjipa, à 90 kilomètres à l'ouest de Butembo, permettant ainsi une sensibilisation des électeurs. Les actions du DDRRR ont continué permettant le 4 juillet la reddition de 5 dépendants des FDLR dans le territoire de Ruthshuru.
Au Sud Kivu parallèlement aux actions de sécurisation et de appui au processus électoral, le contingent pakistanais a maintenu sa base mobile à Bunyakiri, afin de protéger la population locale. Les casques bleus effectuent quotidiennement, des patrouilles, des points de contrôles et des escortes dans le secteur. Le nombre d'attaques de combattants hutus rwandais contre la population a diminué depuis le déploiement des casques bleus. Contribuant à l'effort électoral l'unité fluviale uruguayenne a transporté 1.7 tonnes de matériel électoral vers l'île d'Idjwi le 6 juillet. Dans la nuit du 5 au 6 juillet des combattants hutus rwandais on tué une femme et enlevé deux autres à Mohugu, à quelques kilomètres au nord de Kaniola. Les casques bleus ont continué leurs opérations de sécurisation de jour comme de nuit. Ces opérations visent à protéger la population, à assurer le regain de l'activité économique, à garantir la liberté de mouvement et à permettre un déroulement de la campagne électorale sans turbulences.
Au Katanga les équipes d'observateurs militaires ont constaté le lancement, sans anicroche majeur, de la campagne électorale. A Mitwaba, 2 combattants Mai Mai se sont rendus le 7 juillet au bataillon béninois. Le 8, juillet 30 militaires du détachement avancé sud africain sont arrivés à Kamina. Ils doivent assurer le déploiement de deux hélicoptères Oryx dés le 13 juillet. La présence de ces hélicoptères permettra à la MONUC d'étendre son aire d'influence opérationnelle au Katanga et permettra des actions héliportées avec le bataillon indien qui se déploiera prochainement à Kamina.
Sur le plan social et humanitaire, en Ituri, un peu moins de 2 500 ménages – soit environ 12 500 personnes - étaient recensés en date d'hier, mardi 11 juillet au camp de déplacés de Dele, à 5 Km de Bunia, suite aux mouvements de population causés par la reprise des accrochages au territoire d'Irumu. Fuyant la zone des combats au sud de Bunia, ces déplacés ont d'abord convergé vers la capitale du district de Tchem Tchem, avant d'être redirigés vers sa périphérie sur demande des autorités locales, où ils reçoivent désormais une assistance humanitaire de la part des agences des Nations Unies et des ONG internationales présentes sur place.
Le 6 Juillet 2006, Madame la Commissaire de District à Bunia a déclaré sur les antennes de Radio Okapi qu'il n'était pas question que les nouveaux déplacés restent à Bunia, ni même à Dele, émettant le souhait qu'ils rentrent dans leurs villages afin de pouvoir voter le 30 juillet prochain. Même si l'intention est louable, c'est une position qui inquiète la communauté humanitaire, qui conçoit mal que ces déplacés soient forcés de rentrer vers des zones non encore sécurisées, et rappelle que toute décision de retour ne peut être que volontaire.
L'attention portée à ces récents développements ne doit pas faire oublier l'urgence à laquelle sont confrontés d'autres déplacés du district, comme les 22 000 personnes regroupées à Geti, à 79 Km au sud de Bunia, qui ne reçoivent plus d'aide depuis près de 3 mois. Leurs besoins en vivres sont nettement plus pressants que ceux des déplacés de Dele, soulignent les ONG, qui évoquent plusieurs cas de malnutrition. Dans des conditions d'accès rendues encore plus précaires du fait de la situation sécuritaire, ces ONG - Solidarités, COOPI et MSF-S – se sont rendues plusieurs fois à GETI au cours de la semaine dernière pour y acheminer de la nourriture, des bâches et des couvertures.
Au Katanga Central, même si on note un mouvement de retour de 4 000 déplacés de Dubie à leurs villages d'origine pendant le dernier mois, à Mitwaba, on signale encore l'arrivée de Mayi-Mayi avec leurs dépendants. En effet, malgré la reddition de Gédéon, plusieurs zones de retour ne sont pas encore sécurisées. Certains déplacés qui sont partis évaluer la situation dans leurs villages d'origine ont subi des tracasseries de la part des militaires FARDC, notamment de la 62ième et 67ième brigades.
De plus, l'Administrateur du Territoire de Mitwaba n'a pas encore officiellement autorisé le mouvement de retour des déplacés qui avaient trouvé refuge à Mitwaba. Il faut savoir aussi que 90% des déplacés s'étaient fait enrôler à Mitwaba ; ainsi ils ne pourront voter qu'à Mitwaba. Mais le blocage officiel sur le processus de retour en cette période pourrait avoir de lourdes conséquences sur la situation humanitaire. En effet, cette période de saison sèche est la plus propice pour reconstruire les abris ainsi que pour préparer la saison agricole qui commence dans deux mois. Et si celle-ci est ratée, les déplacés devront compter encore sur l'assistance du PAM pendant plusieurs mois.
La section des Affaires civiles de la MONUC identifie actuellement les zones prioritaires où pourront être déployés une centaine de Casques Bleus pendant les trois prochains mois. Ceci devrait attirer hors de la brousse les Mayi-Mayi qui veulent se rendre, augmenter la confiance des populations, permettre l'accès des acteurs humanitaires à ces zones, et, ainsi les inciter retourner chez eux.
Toujours au Katanga, mais plus à l'est, 3 000 militaires et leurs dépendants provenant du Centre de Brassage de Kamina, sont arrivés à Kalemie depuis vendredi 7 juillet. La MONUC reste préoccupée par la situation humanitaire de ces familles durant leur séjour à Kalemie en attendant leur déplacement sur Uvira. Le décès récent du Chef d'Etat Major de la Force terrestre pourrait signifier des difficultés pour l'évacuation de ces militaires.
Sur le plan électoral, la campagne est entrée dans sa deuxième semaine. La MONUC reste globalement satisfaite de son déroulement ; toutefois, de nombreux incidents et irrégularités sont signalés à travers le pays. Des enfants arrêtés au marché public Mariano à Kinshasa, des candidats empêchés de faire campagne à Kabare au Sud-Kivu ; à Kananga, au Kasaï occidental, l'intolérance est montée en flèche ces derniers jours, avec des prises de bec entre militants, des affiches arrachées, déchirées, quand elles ne sont pas brûlées.
La MONUC se préoccupe par ailleurs du traitement quelque peu discriminatoire réservé à certains candidats à la présidentielle qui sont obligés de payer des taxes aéroportuaires là où ils se rendent pour battre campagne : alors que d'autres candidats ne sont pas soumis au même traitement.
La MONUC a toujours rappelé que la campagne devait se dérouler dans le calme, la sérénité et dans les conditions de transparence totale. Nous le demandons une fois de plus aujourd'hui : tous les candidats doivent être traités sur un même pied d'égalité.
Les élections auront lieu dans moins de trois semaines ; le déploiement du personnel électoral qui travaillera dans les bureaux de vote a commencé ; de même, celui de la police civile de la MONUC est en cours, tout comme la formation des 24 000 chefs de centres chargés de former à leur tour les 250 000 agents électoraux. L'acheminement du matériel électoral sur l'ensemble du pays avance, en dépit de quelques difficultés logistiques. Urnes, isoloirs, bulletins de vote, listes de candidats et autres matériels continuent à être distribués aux quatre coins du pays. Le rôle de la MONUC dans la sécurisation de ce processus, que ce soit à travers sa logistique, sa police civile ou ses casques bleus, est déterminant.
A propos de sécurisation justement, c'est peut-être l'occasion de rappeler que celle-ci est d'abord du ressort des autorités congolaises. La MONUC n'a pas pour vocation à se substituer au gouvernement congolais, et à assurer, comme certains l'ont demandé, la sécurité des milliers de candidats aux élections législatives ou même celle des 33 candidats à la présidentielle.
De même, il revient à l'Etat congolais de permettre aux journalistes, nationaux comme étrangers, de faire leur travail en toute sécurité. Or, nous constatons avec regrets, que des journalistes continuent à être agressés, intimidés et assassinés, sans que l'Etat ne soit capable d'empêcher de tels actes. Nous demandons à la HAM de condamner fermement toutes les atteintes à la liberté de presse en RDC.
Le crime odieux que constitue l'assassinat le week-end dernier du collaborateur du Phare et qui survient huit mois après l'assassinat du journaliste Franck Ngyke du quotidien La Référence Plus et de son épouse, encore non élucidé à ce jour, ne fait qu'accroître la très vive inquiétude, récemment exprimée à maintes reprises par la MONUC, quant aux actes de violence, aux menaces, aux intimidations et aux restrictions de toute sorte dont sont victimes les journalistes, tant nationaux qu'internationaux, en RDC.
Par ailleurs, la MONUC rappelle que le droit de manifester figure dans la Constitution congolaise. Autant la MONUC demande aux manifestants de respecter la loi, autant elle rappelle aux forces de police la nécessité de faire un usage modéré et proportionné de la force, en cas de répression des dérapages lors de certaines manifestations.
Puisque nous venons d'aborder là, le volet des droits humains, nous allons passer directement à la présentation de la Division des Droits de l'Homme de la MONUC sur l'exercice des libertés civiles en RDC.
Pour nous en parler cette semaine, Fernando Castanon, Directeur de cette Division au sein de la MONUC. Fernando :
La MONUC est en train d'enquêter sur plusieurs rapports d'incidents sur les évènements qui sont survenus lors d'une marche hier à Kinshasa. Dans l'attente des résultats émanant de nos enquêtes, la MONUC se dit préoccupée par les opérations menées par la police pour réprimer le déroulement de cette manifestation sans justification légale apparente.
De la même manière le 1er juillet 2006, à Likasi une manifestation organisée par l'UDPS a été dispersée par la police sur ordre du Maire, qui aurait affirmé ne pas avoir été informé à temps. L'UDPS a déclaré que la manifestation avait déjà été reportée à plusieurs reprises car le maire insistait qu'une telle manifestation exige une déclaration préalable de six jours avant qu'elle ne soit autorisée.
Au regard de ce qui précède, la MONUC rappelle aux autorités locales et nationales que la Constitution consacre le droit de libre expression et de manifestation. La MONUC rappelle aussi le contenu de la circulaire du 29 juin 2006 du Ministre de l'Intérieur. Cette circulaire réaffirme l'obligation de la déclaration préalable, de 24 heures seulement avant la manifestation, en ce qui concerne les réunions et les rassemblements électoraux. Cette circulaire consacre l'annulation du principe de l'autorisation préalable.
La DDH a effectué, du 3 au 8 juillet 2006, une mission d'enquête dans la ville de Matadi, à la suite des évènements y survenus qui ont entraîné la mort de 13 personnes, dont un militaire, le 30 juin 2006. La DDH a conclu que des éléments des FARDC ont commis des violations sérieuses des droits de l'homme alors qu'ils réprimaient une manifestation du mouvement Bundu Dia Kongo (BDK) le 30 juin 2006. Bien qu'il soit difficile de reconstituer les faits avec certitude, même la version la plus favorable aux militaires FARDC relève d'un dysfonctionnement total des services de sécurité à Matadi.
Les sources officielles affirment que les adeptes de BDK ont fait usage d'armes blanches pour ravir l'arme d'un militaire qui faisait partie d'une patrouille envoyée pour empêcher la marche. Ils auraient tiré sur ce militaire, le tuant. Mais la riposte incontrôlée et démesurée des éléments des FARDC, qui se seraient mis à tirer sur les manifestants, ne peut être justifiée. Douze personnes ont trouvé la mort sous les balles de ces militaires, envoyés à la place de la police nationale congolaise pour maintenir l'ordre public. La DDH insiste pour que le gouvernement prenne les dispositions suivantes :
Mener une enquête approfondie afin d'arrêter et sanctionner les militaires incriminés ;
Indemniser les victimes et reconstruire le lieu de culte des adeptes de BDK, rasé par les militaires ;
Sensibiliser les adeptes de BDK et mettre en place un mécanisme de collaboration entre les adeptes de BDK et les représentants de l'État.
S'assurer que le rôle dévolu à la police de maintenir l'ordre public soit respecté et consolidé par les autorités.
La Division des Droits de l'Homme (DDH) reste préoccupée par le dédain du Directeur de l'ANR/Mbuji Mayi pour les règles de procédure pénale. Le Directeur refuse aux officiers des droits de l'homme l'accès aux membres de l'UDPS, arrêtés dans la nuit du 27 au 28 juin 2006, et actuellement détenus au delà du délai légal, après avoir été transférés à un camp militaire où ils auraient été maltraités. Dans ce sens nous rappelons que les directives données par la Présidence au mois de juillet 2005 confirment l'accès de la DDH sans notification préalable et sans entrave aux lieux de détention de la RDC.
La DDH constate avec inquiétude que les membres de certains partis politiques ne jouissent pas de la liberté d'opinion politique, étant les victimes de diverses tracasseries commises par les autorités dans plusieurs provinces. Ainsi, le Vice-président du RCD/Ufamando (Territoire de Masisi, Nord Kivu) a été tué le 4 juin 2006 par les combattants des FDLR/FOCA à Kasunga. La victime aurait reçu une balle à la jambe pendant qu'elle hissait le drapeau du RCD. Elle aurait été ligotée avec le drapeau et emmenée au camp des FDLR/FOCA. En route, la victime aurait succombée de ses blessures après avoir été battue par les FDLR/FOC. De la même façon, à Sange (Uvira), des membres du RCD auraient reçu des menaces de mort d'une source non identifiée. Les menaces suivraient une vague d'arrestations, apparemment à caractère politique, qui dénoterait d'une campagne anti-RCD par les autorités de la zone.
En outre, la DDH effectue une mission d'enquête à Baraka, où un membre du RCD circulait dans la cité pour informer les membres de son parti d'une réunion du RCD. Interpellé par deux militaires marins des FARDC, le membre du RCD aurait été arrêté par ces deux militaires, qui l'auraient battu afin de décourager cet exercice de sensibilisation. Les auteurs de cet acte d'intolérance politique auraient été arrêtés par leur chef hiérarchique.
La DDH salue la décision de la Haute Autorité des Médias (HAM) de fermer, pour sept jours, une station de radio locale à Lodja qui diffusait des propos incitant la population à la désobéissance civile en prévision de la prochaine visite d'un leader politique. La DDH encourage la HAM à jouer pleinement son rôle, fondamental dans cette période électorale, car les élections libres, démocratiques, transparentes et crédibles ne se conçoivent pas dans un climat d'animosité où des discours de la haine et des incitations à la violence sont propagés et diffusés par les médias.
La DDH n'est pas encore en mesure de commenter sur le mobile du lâche assassinat de Bapuwa Mwamba, journaliste indépendant congolais, tué par des hommes armés à son domicile de Kinshasa le 8 juillet 2006 à trois heures du matin. La DDH, tout en menant sa propre enquête sur ce cas, demande à ce que tout soit mis en œuvre pour identifier, arrêter et déférer à la justice les auteurs de cet acte. La responsabilité des autorités congolaises comprend une obligation d'effectuer une autopsie dans les plus brefs délais. À cet égard la DDH déplore l'intransigeance du médecin légiste de l'Hôpital général de Kinshasa (Mama Yemo). Ce dernier refuse de procéder à l'autopsie, en citant « des problèmes administratifs ». Il aurait exigé 75.000FC à la famille de la victime pour ce travail, dont les frais doivent être pris en charge par l'État.
Pour terminer sur une note plus encourageante, la DDH continue ses activités de renforcement de capacité en rapport avec les élections, tenant sept sessions d'informations/débats sur les droits de l'homme liés aux élections à Lubumbashi. Y présents étaient des OPJ, des représentants des partis politiques, des magistrats du parquet, des juges, et des autorités politico administratives ainsi que des ONGDH. À Kananga, la DDH a organisé six sessions de formation au bénéfice des activistes des droits de l'homme, des acteurs politiques, des agents locaux de l'État, des confessions religieuses, des associations féminines et des autorités politico administratives, militaires et policière. Dans le même registre, la DDH a participé le 5 juillet 2006 à une autre session de sensibilisation et de formation aux élections à l'attention des étudiants de l'Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu.
* Merci Fernando. Notez par ailleurs que le Représentant Spécial William s'est rendu à Kindu le vendredi 7 2006, pour une visite de travail. Dans la capitale du Maniema, Monsieur Swing a eu des entretiens avec le gouverneur de province et les autorités policières et militaire provinciales. M. SWING a reçu à Basoko au camp du contingent sud africain, un prix pour la paix qui lui été dédié par deux artistes sculpteurs de Kindu. Il s'agit d' une statue représentant un personnage grand d' une taille de 2m 18 et pesant 100 kgs. Ce personnage, un guerrier traditionnel, tient une hache de guerre à la main droite et dans l'autre main, un enfant protégé contre la violence aveugle. Pour William Swing, cette oeuvre est le symbole de la paix et de la détermination du peuple congolais à aller aux élections.
Le lundi 10 juillet 2006 cette fois, le Représentant spécial est arrivé en début d'après midi à Bunia, en provenance d'Entebbé en Ouganda. Il s'est rendu immédiatement à Kwandroma à 175 Kms au Nord-est de Bunia pour y rencontrer les cinq casques bleus népalais qui ont été libérés le samedi dernier par le FNI de Peter Karim. Monsieur Swing est allé signifier aux sept Casques bleus le soutien


